Alpi Ski Tour 09TSF- Millet7 et 8 FÉVRIERFaverges-Aravis (74)- Un engagement fort en terme d'environnement, une course « éthique » cheminant dans la voie du développement durable |
La TSF Millet – organisée par les Clubs alpins français de Faverges et de Thônes –, s’est déroulée les 7 et 8 février. La course, cette année, servait de support au Championnat national FFCAM par équipes. Les organisateurs ont dû composer avec une météo difficile : il est tombé pas moins de 60 cm. de neige à 1500m dans la nuit du samedi au dimanche ! Un vrai casse-tête pour les organisateurs, qui ont été obligés, pour assurer la sécurité des coureurs, de revoir complètement les parcours, de tracer au dernier moment et d’entretenir au mieux la trace…Cela fait partie des aléas des courses en milieu naturel et des parcours « montagne »… Toutefois, les équipes de Faverges et de Thônes ont su offrir aux 170 équipes des parcours de qualité et technique ! Voici le journal de bord de Jean-François Grandidier (président de la commission nationale FFCAM des sports de neige), pour les deux étapes…
J. 1 – Etape de la Tournette
2100m. environ sur les belles pentes au pied des tours. Trois montées à skis, 1 couloir à pieds. Bref au vu des conditions, une vraie épreuve de ski alpinisme. L’étape sera très disputée et il faudra attendre la dernière montée pour voir se profiler le podium. Les deux premières équipes sont à moins de 20 secondes. Et puis à 2 minutes, on trouve 5 équipes dans 50 secondes ! Autant dire que rien n’est joué et que l’étape du lendemain sera serrée ! Chez les femmes, la lutte est moins âpre. M. Jacquemoud et N. Bourillon ont pris plus de 4 minutes sur les suissesses…
Femmes :
1ère Nathalie Bourillon / Magali Jacquemoud (en 3h11)
2ème Mabillard / Zimmermann (en 3h15)
3ème Isabelle Cifermann / Alice Lauga (en 3h29)
Hommes :
1er Adrien Picot / Valentin Favre (en 2h27)
2ème Valéry Haix / Ludovic Pommeret (en 2h27)
3ème Cyril Gignoux / Marc Buisson (en 2h30)
J. 2 – Etape de Sulens
Plus de 30 cm... De neige dans la nuit sont venus s’ajouter à la couche de la veille ! La décision est prise de supprimer deux montées ainsi que les pentes raides. Au menu donc, trois montées et, au final, à pieds pour sortir au sommet de Sulens. Un parcours technique et nerveux de 1850 m. de dénivelée. M.Premat et S.Perrier ce matin ont décidé de prendre les affaires en main et mènent un train rapide. Malheureusement, ils devront abandonner suite à la casse des skis ! Deux équipes vont en profiter pour faire l’écart, Picot / Favre et Fraissard / Gachet passeront en tête avec plusieurs minutes d’avance au sommet de Sulens et s’envoleront vers la victoire. Au final donc, la paire Picot / Favre conforte son avance et remporte une belle victoire alors que Fraissard / Gachet arrachent une 2ème place méritée. Chez les femmes, pas de surprise, l’équipe Bourillon / Jacquemoud maintient son avance…
Principaux résultats
Femmes
1ère N.Bourillon / M.Jacquemoud – CAF Ubaye / CAF Albertville Excellence (en 6h01)
2ème Mabillard / Zimmermann – Suisse (en 6h20)
3ème I.Cifermann / A.Lauga – CAF Albertville / CAF Maurienne (en 6h36)
Hommes
1er V.Favre / A.Picot – Val Abondance / CAF Léman (en 4h40)
A.Fraissard / Y.gachet – CAF Maurienne / CAF Chamonix Excellence (en 4h43)
V.Chaix / L.Pommeret – CAF Maurienne Excellence (en 4h47)
Steven Blanc, 5e, est mécanicien. Il réussit à s’entraîner chaque jour, affichant au compteur plus de 100 000 mètres de dénivelée positive d’entraînement. Ahurissant !
« Je voudrais d’abord féliciter l’organisation parce que nos efforts sont louables, mais leur responsabilité à eux est très grande, et ils doivent terminer bien fatigués, eux aussi ! La qualité des parcours, ce n’était pas de la qualité « parcours de repli », c’était de très beaux parcours, tout court. C’était top ! C’est incroyable, étant donné la neige qu’il est tombé sur les sommets. J’ai été un peu surpris qu’on se retrouve devant tout le long, lors de l’étape du samedi, mais il faut dire que Perrier et Prémat ont eu de graves problèmes de matériel. Ça donne des ailes, de se retrouver en tête… »
Alexandre Duc-Goninaz, son co-équipier, se réjouit de sa performance de ce week-end, après une superbe troisième place glanée sur la Transvanoise (étape Alpi Ski Tour) l’an dernier. « Les parcours étaient au mieux de ce qu’il était possible, au vu des conditions dantesques, avec notamment de superbes passages à pied. Le suspens a été grand cette année puisque, samedi, nous sommes partis quasiment tous en même temps, lors de la dernière descente. Nous, nous étions « cuits », nous avons perdu plus de deux minutes sur cette seule descente, mais le résultat final nous satisfait pleinement. »
Catherine Mabillard, ex-membre de l’équipe suisse, a fait le déplacement avec Andréa Zimmermann (ex-athlète de haut niveau suisse, elle aussi) sur cette course qu’elle apprécie particulièrement. « Je ne cours plus que sur les épreuves que j’aime vraiment, tout au feeling ! » s’amuse-t-elle. « J’ai eu un crispant problème de crampons, qui ne tiennent pas sur mes chaussures ! Et Andréa a carrément cassé une chaussure. Du coup, on a un peu galéré mais bon, on termine secondes. Les traceurs ont fait un sacré travail, il y avait beaucoup de plat à mon goût mais c’était très bien réalisé vu les conditions, avec des passages sublimes. Vu les conditions météos, ils ont fait un super truc. »
Cyril Blanc-Gonnet, cadet, a vécu sa première course à étapes avec Ivon Gachet, dont le papa a joué au coach durant ces deux jours. Il faut dire qu’il s’agit de René Gachet, un ancien du groupe Excellence de la Fédération française des clubs alpins et de montagne. « Pour un baptême du feu, c’était génial ! C’était bien, surtout aujourd’hui, mais il y avait bien assez de passages à pied, ça m’a tué, il n’en fallait pas plus ! »
Gilles Gontharet et Thierry Jorioz, du CAF Albertville, font partie des coureurs les plus sympas du circuit. Souriants et hyper volontaires, ils incarnent les valeurs de la cordée, chères aux organisateurs de la TSF-Millet. « J’ai fait une crise d’asthme la semaine dernière, au Tour du Grand Veymont (étape de l’Alpi Ski Tour) et là, j’avais une bronchite, explique Gilles. Il a donc fallu que je me batte et surtout que mon co-équipier soit extrêmement compréhensif, je remercie Thierry du fond du cœur. Nous remercions aussi les organisateurs pour les parcours très bien préparés, ils nous ont sorti un super truc, vu les conditions. Il y avait tout le long deux très belles traces (pour qu’on puisse doubler facilement). J’étais très fatigué mais on a bien récupéré dans les descentes, c’était super bon donc on n’a pas pu pleinement tirer notre épingle du jeu mais on a quand même repris trois minutes sur les Suisses quand même, on était contents ! »
Propos recueillis par Myriam Cornu
« L’ensemble des bénévoles a tout fait pour vous offrir la plus belle des courses possible. Pour réussir, il nous fallait trois ingrédients indispensables. D’une, vous, les coureurs. Avec 14 équipes jeunes et 155 équipes seniors, nous avons été comblés. De deux, les partenaires, les entreprises privées mais aussi le Conseil général, par exemple et les offices de tourisme de Thônes, Faverges et Manigod qui nous donnent un énorme coup de main. Nous remercions aussi le PGHM d’Annecy à qui une amitié forte nous lie et dont nous avions grand besoin ce week-end. Troisième ingrédient, les bénévoles. Entre le CAF de Faverges et le CAF Aravis, cela représente environ 200 personnes qui s’impliquent dans ce beau rassemblement. Sans eux, rien ne pourrait exister. Ce qui fait notre course, c’est d’abord cette ambiance et l’éthique. L’éthique de notre fédération, la Fédération des clubs alpins et de montagne. »
Yves-Marie Gorin, président du Comité d’organisation de la TSF-Millet
Bernard vient du hameau des Clefs, Christian, lui, est de Thônes. Ils s’activent avec leurs pelles, sur la route. Opération déneigement ? Pas du tout ! Ils couvrent plutôt le bitume de neige pour que les coureurs puissent franchir facilement la course. Etre bénévole, c’est ça, faire en sorte que tout fonctionne, quel que soit le poste qu’on nous a attribué ! « On aime être bénévole parce qu’on travaille en groupe, alors c’est sympa. Ça fait des années qu’on fait ça. Tous les adeptes de ski de randonnée se retrouvent là, ça nous rassemble tous dans la vallée. On est bien traités, en plus, tout est prévu, c’est top ! On a tracé hier et aujourd’hui, on gère la descente, comme on a replié le parcours de repli ! » Et les voilà qui se remettent au travail, aidés bien volontiers par des spectateurs beaufortains, dans un bel esprit de partage.
« Ce que nous avons le plus apprécié ? Les repas ! » rigolent Justine et Noémie, de l’École de kinésithérapie de Grenoble, masseuses bénévoles sur la TSF. « Et aussi de pouvoir porter le bonnet officiel ! » C’est qu’elles sont fières de faire partie de l’équipe d’organisation, nos jeunes bénévoles. « Les coureurs sont très cool, c’est très intéressant pour notre futur de participer à un tel événement, de pouvoir le vivre au plus près de l’ambiance. Laurence, l’organisatrice qui s’occupe de nous, est top : tout est pris en main, ça roule. Par contre, on masse environ 30 coureurs par jour, nous avons fait 4 heures non-stop, ça fatigue presque autant que la course ! »
Hans ne manquerait la TSF pour rien au monde. Ancien vétérinaire, il a été coureur « dans le temps » et aujourd’hui, son plaisir c’est de donner un coup de main. Préposé aux passages de route, il est heureux du retour qu’il peut offrir à la course, dans ce pays « si véritablement authentique qu’est Manigod ».
Propos recueillis par Myriam Cornu
- Que dire des parcours juniors de cette 6e édition de la TSF-Millet ?
« Impeccables ! On a eu la chance de profiter de beaux tracés, polyvalents, en dépit des conditions. Les organisateurs ont fait du bon boulot. »
- Vous attendiez vous à remporter l’épreuve, chez les jeunes ?
« On savait qu’on était bien mais on était là pour se tester. On est à l’aise sur les passages à pied et ça a payé ! Cette victoire, ça motive, c’est bien pour la suite. »
- Quels sont vos objectifs, à présent ?
« Ici, c’est le top, c’est une course sur deux jours exigeante, une préparation idéale pour notre prochain grand rendez-vous, la Pierra Menta, qui fait partie de l’Alpi Ski Tour de la FFCAM. Mais la TSF-Millet, c’est l’une des plus grosses courses de France et c’est chez moi, souligne Charles, donc c’est déjà un sacré objectif rempli ! »
8 h, 9 h, 10 h, le départ de cette première étape de la TSF-Millet se sera fait attendre ! Pour la bonne cause, bien évidemment. C’est qu’il a beaucoup neigé la nuit précédent le lancement de cette 6e édition et les organisateurs, Yves-Marie Gorin en tête, souhaitent offrir une épreuve à la hauteur des attentes des coureurs : « Nous avons réussi à maintenir une étape de 2100 mètres de dénivelée et il faut féliciter l’ensemble des bénévoles pour ce tour de force, vues les conditions nivo-météos ! ». Corne de brume en action et feu vert lancé par le grand maître du départ et hop, les 155 cordées de deux coureurs s’ élancent, sans voir les sommets, plongés dans le brouillard et sous la neige qui tombe sans discontinuer. Quelques centaines de mètres de dénivelée avalée et c’est déjà le « drame » pour l’un des coureurs, Michel Cercueil. Sa peau a « zippé » (il a glissé vers l’arrière), il a forcé sur les bras pour se récupérer et s’est démis l’épaule ! Impossible de tenir son bâton. Le compétiteur du CAF Isère n’en revient pas de devoir abandonner si tôt son rêve de Tournette… Les concurrents défilent et deux spectatrices cherchent, parmi eux et sans vraiment y croire, un médecin. Miracle, les coureurs belges Olivier Bonjean et André Claessen stoppent. Le médecin prend sur lui et décide de tenter le tout pour le tout. Son binôme se fait quant à lui aider par Maucout, le co-équipier du malheureux blessé. Il est lui-même un peu « handicapé », son doigt est en train de geler, il faut dire qu’il est suturé : « Je me suis coupé avec une hâche, avant de venir ». Ah. Trois minutes plus tard, l’épaule est remise en place, le doigt revit et nos quatre compères repartent, à la suite des derniers concurrents. La TSF-Millet est placée sous le signe du développement durable, signataire qu’elle est de la Charte environnement du département de la Haute-Savoie. L’une des « recommandations » de ce label est de favoriser l’esprit de solidarité… Pourrait-on trouver meilleure illustration ?
La solidarité, c’est aussi celle qui règne entre les co-équipiers. Quelques minutes plus tard, le temps de grimper jusque sous le Bouton où les coureurs devaient affronter une descente très technique à pied, on l’observe grandeur nature. « Tu peux m’aider ? J’arrive pas à retirer mes crampons, j’ai les doigts gourds ! » « Attends, Yannick, j’arrive, bien sûr ». Le concurrent repart de plus belle, sûr du soutien de son compagnon de cordée. Véronique Lathuraz déboule derrière lui, suivie de Corine Favre qui, après un grave accident en Himalaya, a repris le sport il y a un mois : « Je suis cassée ! ». Mais non, Coco, ils t’ont bien réparée, visiblement. Les cliquetis des crampons qu’on ôte, les « grouille, faut qu’on les gratte ! », les « allez papa, allez Gérard ! », les « Hé, Jean-Pierre, fais gaffe à tes peaux ! » côtoient les « ah, bon sang, ces gants de malheur ! » et autres invectives plus ou moins paniquées, pressées ou tendues mais, la plupart du temps, les commentaires malheureux sont destinés à soi-même. C’est qu’il reste encore environ 600 mètres de dénivelée positive et qu’il va bien falloir réussir à les vaincre, vaille que vaille. 600 mètres, c’était à peu le record de Betty et Cécilia, avant de venir ici, à Thônes. Ces jeunes femmes viennent des Vosges pour voir courir leurs fiancés, elles ont gravi 700 mètres de dénivelée en dépit des conditions. « Chez nous, pour faire 700 mètres, faut faire deux montées ! » plaisantent-elles à demi. Elles ont bravé vent et neige pour soutenir Johan et Denis, les rois des manips : « Je te raconte pas combien de fois il faut refaire le même parcours pour arriver à s’entraîner sur 2000 mètres de montée, dans les Vosges. » On attend les deux compères avec impatience, qui se tirent la bourre avec des Alsaciens, et c’est soudain Sylvain Guillaume, le Jurassien vice-champion olympique de combiné nordique aux JO d’Albertville, qui arrive en trombe, suivi d’un autre duo amoureusement encouragé : « Allez, les garçons, faites-nous rêver, on n’est pas montées jusque ici pour rien ! » Encore une qui a sorti les peaux pour cette grande occasion : son chéri « fait » la TSF-Millet et elle est fière de lui. Steven Blanc et Alex Duc-Goninaz, du club multisports d’Arêches-Beaufort, ont du être fiers d’eux, eux aussi. Ils ont fait la course en tête, tout au long des montées, mais doivent encore progresser en descente pour espérer remporter une étape puisqu’ils terminent 7e à plus de deux minutes de l’équipe Piccot-Favre, qui finissent donc premiers au classement général provisoire, Magali Jacquemoud et Nathalie Bourrillon menant la danse chez les filles. À demain pour la suite des événements, donc !
Myriam Cornu
Retour sur la tête de course avec Yann Gachet (Groupe Excellence de la FFCAM), champion national par équipe avec Anthony Fraissard, en senior.
« Aujourd’hui (dimanche 8 février), le départ était très particulier, délicat. On partait dans un grand champ de poudreuse, c’était un démarrage de « warriors » parce qu’au bout de deux minutes, on s’est tous retrouvés à vouloir passer devant ! Résultat, je me suis bloqué la fixation en position « ski » donc je me suis arrêté et me suis replacé doucement. Très rapidement, Sébastien Perrier et Martial Prémat se sont détachés. Ensuite, on s’est tiré la bourre avec Piccot et Favre, les espoirs qui remportent le général, au final, et Blanc et Duc-Goninaz. La première descente s’est super bien passée pour nous et nous sommes repartis 3e à la deuxième montée. Deuxième descente, on double Piccot et Favre et on repart devant. Du coup, à la troisème montée, on revenait doucement sur Sébastien et Martial. Malheureusement pour eux, la troisième descente comptait un piège : un éboulis, derrière une compression. Je suis passé comme j’ai pu mais Perrier a fait un « saut-per » et a cassé ses deux skis !Bilan, nous effectuons la 4e montée en tête et gravissons le couloir en crampons, toujours devant. Dans la précipitation, Thony (Anthony Fraissard oublie d’enlever une peau, à la manip ! Pour rattraper le retard, on est descendus comme des calus, c’était technique, avec tous les mouvements de terrain. Au final, Adrien Piccot et Valentin Favre nous doublent dans la toute dernière montée, à pied, juste sous le village de Manigod, ça fait une belle course âprement disputée, au final ! »
Propos recueillis par Myriam Cornu
Sylvie et Lise sont de Crest Voland Cohennoz, Anne-Marie est de Sixt Fer à Cheval. « Nous encourageons Cyrille et Adela, ils sont très contents qu’on soit là. Les papas se sont placés sur la course, on est bien organisés, on répartit les encouragements ! »
Violaine, Cloé, Florence et Michel sont d’Arêches-Beaufort ! Ils supportent Cyril et Ivon, qui font leur première course (voir Paroles de coureurs). Ils ont fait la route avec les cloches pour vivre l’ambiance qu’ils ont découverte à la Pierra Menta, chez eux. « On aime bien ce coin, c’est joli, les chalets sont magnifiques. On est allés boire le café à la Croix Fry, aux Sapins, on a acheté des cd d’accordéon pour patienter, le temps que nos jeunes rejoignent l’arrivée, du coup, on s’est fait payer le vin blanc par les bénévoles, on a passé un très beau dimanche, merci à tous et bravo à nos petits ! »
Propos recueillis par Myriam Cornu
Lancée il y a pile trois mois, la « Charte en faveur du développement durable » n’a été signée, pour l’instant, que par une seule compétition de ski-alpinisme : la TSF-Millet qui se déroulera ce week-end dans les Aravis. Preuve que les organisateurs et participants à ce rassemblement sont avant tout des amoureux de la montagne et de la nature, qui tiennent à la protection de leur environnement fabuleux.
C’est le département de la Haute-Savoie, et la DDJS 74, qui a initié cette charte à destination des courses de pleine nature. Sept organisations, au total, ont inauguré ce « label » dont l’Ultra trail du Mont Blanc, le Trail Faverges Odlo et la coupe du monde de ski nordique de La Clusaz. « Nous avons signé la Charte facilement, parce que nos actions était déjà fortement engagées dans la voie du développement durable et elle correspondait bien à ce que nous faisions, explique Yves-Marie Gorin, accompagnateur en moyenne montagne et organisateur. Nous voulions mettre en valeur les bonnes attitudes de nos bénévoles et nous servir de cet engagement qui nous mène à être encore plus vigilants. » L’équipe de bénévoles va donc suivre les recommandations qu’on a pu lui faire, ce « guide des bonnes pratiques » qu’est la Charte. Après avoir étudié le diagnostic d’impact écologique potentiel de la manifestation, la DDJS proposera solutions et améliorations. L’idée est aussi de mutualiser les initiatives permettant d’améliorer les choses concrètement, pour préserver le cadre exceptionnel dans lequel se déroule la compétition. Si la TSF-Millet doit encore s’améliorer sur les aspects « transport » , elle incite d’ores et déjà coureurs et spectateurs à co-voiturer, grâce à un partenariat avec un site spécialisé. « Pour le reste, nous sommes très militants depuis toujours ! » témoigne Yves-Marie. « Nous pratiquons le tri sélectif, bien sûr, nous veillons à ce qu’aucune trace ne soit laissée après la compétitio, nous ne dépassons pas un certain seuil avec la sono, que nous n’employons que pour les départs et arrivées. Pour les images aériennes, hélico interdit, nous réalisons les prises de vue… en parapente ! » sourit-il. Plus original encore, pour une course de ski-alpinisme, aucun engin motorisé n’est utilisé en soutien de l’organisation. Aucun explosif, non plus. « Pour sécuriser les zones dangereuses, nous secouons les plaques à skis, en assurant un bénévole à bout de corde » souligne le chef de meute de la TSF-Millet. Les CAF de Faverges et Aravis se montrent, enfin, très attentifs aux tracés des parcours. « Nous restons uniquement sur des secteurs fréquentés » poursuit Yves-Marie Gorin. « On nous demande souvent pourquoi nous n’allons pas derrière le col du Voret : nous nous l’interdisons pour respecter la faune et la flore, il s’agit d’une zone de repli, l’hiver, pour le lagopède. » Certes, il devrait y avoir du passage et de l’ambiance ce week-end dans les Aravis mais, dès lundi, il ne devrait rester, hormis celles laissées par les skis des concurrents et de leurs supporters, aucune trace dans la nature.
Myriam Cornu
Georges Elzière (président de la FFCAM), et Nicolas Raynaud, (vice-président aux activités), ont assisté, le dimanche 8 février, aux remises de médailles des coureurs de la TSF Millet, qui comptait cette année comme Championnat FFCAM de ski par équipes. Ils y ont notamment réaffirmé l’engagement de la FFCAM en matière de ski alpinisme et l’attachement qu’elle porte au circuit « Alpi ski tour »...
Femmes
1ère Nathalie Bourillon / Magali Jacquemoud – CAF Ubaye / CAF Albertville
2ème Isabelle Cifermann / Alice Lauga – CAF Albertville / CAF Maurienne
3ème Corinne Favre / Véronique Lathuraz – CAF Briançon / CAF Albertville
Hommes
1er Anthony Fraissard / Yann Gachet – CAF Maurienne / CAF Chamonix
2ème Valéry Chaix / Ludovic Pommeret – CAF Maurienne
3ème Bouther / Vittoz – CAF Léman