Sciences et écritures

Chroniques parues dans La Montagne & Alpinisme

Innovations scientifiques...

... et évolutions des pratiques de la montagne. Par Yves Peysson
dans La Montagne & Alpinisme de décembre 2011

 

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Les Alpes pendant la dernière glaciation

par Sylvain Coutterand, dans

La Montagne & Alpinisme

de juin 2011

Document PDF 20_21_ActusSciences.pdf (2020Ko)

La vie à l'extrême

par Louis Reynaud, dans

La Montagne & Alpinisme

de mars 2011

Document PDF 24_25_ActusSciences.pdf (1383Ko)

Qu'est ce qu'un géoparc

par Nathalie Cayla et Jean-Michel Bertrand, dans

La Montagne & Alpinisme

de décembre 2010

Document PDF 22_23_ActusSciences.pdf (3869Ko)

Eboulis ou glaciers cachés ?

Les glaciers rocheux, dans La Montagne & Alpinisme de septembre 2010

Document PDF 26_27_ActusSciences.pdf (5084Ko)

Victoire à l'Annapurna

Retour sur l'évènement de 1950, dans La Montagne & Alpinisme de juin 2010

Document PDF Victoire à l'Annapurna (323Ko)

Le couvercle

Un paradis pour la recherche sur les espèces d'altitude
par Anne Delestrade, dans La Montagne & Alpinisme de juin 2010

Document PDF 24_25_ActusSciences.pdf (3676Ko)

Aperçu de la flore du massif des Bauges

par Elena Ortu, dans La Montagne & Alpinisme de mars 2010

Document PDF 22_24_ActusSciences.pdf (274Ko)
Les glaciers à

Les glaciers à "avances rapides" du Svalbard

Dans LMA de décembre 2009, par Louis Reynaud, glaciologue.

Document PDF Les glaciers à "avances rapides" du Svalbard (1082Ko)

Sociologie : une conquête de l'autonomie alpine chez les femmes

Dans LMA de septembre 2009

Document PDF Sociologie : une conquête de l'autonomie alpine chez les femmes (1596Ko)

Glaciers et climat : une relation étroite

Dans LMA de juin 2009

Document PDF Glaciers et climat : une relation étroite (16568Ko)

Marcher sur l'eau gelée (Cachemire indien)

Dans LMA de mars 2009

Document PDF Marcher sur l'eau gelée (Cachemire indien) (42997Ko)

Petite histoire du cramponnage à la française

Dans LMA de décembre 2008

Document PDF Petite histoire du cramponnage à la française (13936Ko)

La Lauzière et son granite

Dans LMA de septembre 2008

Document PDF La Lauzière et son granite (14380Ko)
Séismes en Himalaya

Séismes en Himalaya

Dans LMA de juin 2008

Document PDF Séismes en Himalaya (6069Ko)

La couleur de la glace

Dans le numéro de LMA de mars 2008, par Louis Reynaud

Document PDF La couleur de la glace (489Ko)

Les glaciers sont aussi parfois sous terre

Dans le LMA de décembre 2007, par François Valla et Richard Maire

Document PDF Les glaciers sont aussi parfois sous terre (539Ko)

Cartographie : de l'analyse du terrain à sa modélisation

De l'analyse du terrain à sa modélisation, construire l'information pour une carte
topographique.

La carte, pure expression graphique de la sémiologie, est une modélisation d’un espace géographique à un certain niveau d’abstraction. De l’observation d’un phénomène sur le terrain à sa représentation réduite du kilomètre au millimètre sur un format imposé, comment procède le cartographe pour mettre en scène les informations qu’il devra conserver sur sa carte et faire que son utilisateur les comprenne ? La réalisation des effets de représentation du terrain sur une carte topographique, traitée en France au 1/25 000e, carte dite de base, outil indispensable à toute intervention sur le terrain, reste un exemple particulièrement parlant du travail du cartographe. Jusqu’à l’intervention de la photogrammétrie, la carte topographique restait une expression artistique, au mieux approximative. La photographie aérienne a permis de tracer des courbes de niveau, de positionner chaque structure du terrain et exprimer ses caractéristiques par un ensemble de signes conventionnels adaptés, avec précision. Pour tout randonneur qui s’aventure en montagne, la lecture de la morphologie du terrain sur lequel il se déplace reste une priorité. Sentiers balisés, sources, pentes, lignes de crêtes, talwegs, nature des sols, barres rocheuses, éboulis, spécificités des glaciers, précision des toponymes… sont autant d’aides à l’orientation ou d’obstacles à franchir que la carte pourra lui permettre d’anticiper. Pour le cartographe, tout commence par l’analyse photographique et stéréoscopique de l’espace à représenter. Pour limiter leur densité, il faut hiérarchiser et sélectionner les objets à cartographier. Chaque objet conservé devra être dessiné selon son caractère et dans sa forme globale. Les détails sont supprimés et les repères importants remplacés par un signe conventionnel ponctuel, qui sera décrit en légende. La gestion des conflits entre objets se gère par leur déplacement judicieux : les informations ne doivent jamais se superposer. À chaque instant de la conception de ce travail, les règles de lisibilité liées à la morphologie humaine: acuité visuelle, seuil de perception, appréciation des couleurs... seront respectées. Pour assurer l’équilibre général de la carte, il faudra harmoniser son contenu. Et pour les cartes de montagne en particulier, l’estompage - c’est-à-dire le dessin du jeu des ombres et des lumières sur les formes du relief – viendra décloisonner la représentation géométrique du terrain, pour encore harmoniser et valoriser la perception de l’ensemble. De ce point de vue, la comparaison entre les versants français, italiens et suisses des cartes transfontalières éditées par la FFCAM permet d’apprécier les différences de méthodes d’un pays à l’autre.

Jasmine DESCLAUX-SALACHAS, cartographe, membre du Comité Scientifique de la FFCAM

Montagnes et réfraction de la lumière

 

De tous les milieux terrestres, la montagne est le lieu de prédilection pour l'observation des effets lumineux. Cela s'explique en partie parce que l'air y est généralement plus sec et plus pur qu'en plaine, mais surtout parce que les montagnes ajoutent une dimension à notre monde, la direction verticale.

Parmi ces effets lumineux il en est un qui agrandit les montagnes, les rapproche de nous et parfois même révèle au coucher de soleil des montagnes cachées : la réfraction. Pour un rayon lumineux qui traverse un milieu inhomogène tel que l'atmosphère, le chemin le plus rapide n'est généralement pas le plus court. La vitesse de la lumière dans l'air augmente au fur et à mesure que l'altitude s'accroît car la densité de l'air diminue. Un rayon lumineux cherchera donc à infléchir sa trajectoire vers des altitudes plus élevées. Cet effet est ignoré par l'observateur dont l'œil ne perçoit que le point d'arrivée du rayon lumineux et imagine une propagation rectiligne. Les montagnes lui paraîtront donc plus hautes qu'elles ne le sont réellement. Parallèlement, l'ombre des montagnes est raccourcie par la réfraction. Il faut cependant garder à l'esprit que cet effet de réfraction est en général très faible car la vitesse de la lumière ne varie que de 0.03% entre le vide absolu et l'air situé au niveau de la mer.

Cependant, l'effet cumulé de la réfraction peut devenir important lorsque les rayons solaires traversent l'atmosphère sur une distance très grande, ce qui arrive deux fois par jour : au lever et au coucher du soleil. C'est à ce moment là que les effets les plus spectaculaires apparaissent : le disque solaire s'aplatit et les couleurs qui composent le spectre solaire sont déviées suivant des angles différents, donnant naissance au fameux rayon vert, cher à Jules Verne, qui est le dernier rayon solaire visible au crépuscule. Mais l'effet de réfraction le plus spectaculaire – et également le plus rare – est de faire apparaître des montagnes normalement cachées par la courbure terrestre, qui deviennent visibles à l'aube et au crépuscule quand les rayons lumineux sont quasiment tangents à la surface terrestre. Ainsi, depuis l'église Notre Dame de la Garde sur les hauteurs de Marseille, le Canigou est visible deux fois par an, le 11 février et le 30 octobre, lorsque le soleil se couche précisément derrière cette montagne alors que la ligne droite entre le sommet et l'édifice passe à 120 mètres sous le niveau de la mer. Si les variations de densité sont l'ingrédient principal de la réfraction, les variations de température peuvent également jouer un rôle important. Ainsi l'automobiliste jetant son regard sur une route surchauffée croira voir de l'eau mais verra en fait une image du ciel : c'est un mirage.


Joan Decker et Yves Peysson