Couloir pyrénéen

Groupe féminin Languedoc Roussillon Cambre Ase'

L'Équipe Régionale Féminine d'Alpinisme Languedoc-Roussillon a effectué les 4 et 5 mars une sortie au Cambre d'Ase (Pyrénées-Orientales) pour une course couloir-goulotte.

Voici le compte-rendu de ces journées par Laurent Mouquet :

"Sont au rendez-vous Nathalie Nastorg qui s'occupe de la logistique de cette sortie (gîte, covoiturage, contacts, topo, ...), Maryline Roy, Agnès Choisel, ainsi que Sophie Bienvenu et Corinne Bascove, nouvellement intégrées à l'ERFA, Emilie Devic, en petite forme, abandonne le projet. Jean Carmaniou et Laurent Mouquet encadrent au côté de Guillaume Bernole, guide Pyrénéen.

"Les voitures partent de Lozère et de l'Hérault assez tôt vendredi pour que nous puissions nous retrouver ensemble à la table du gîte Les Cariolettes à Odeillo/Font-Romeu pour le dîner.
Une mauvaise nouvelle : notre guide Guillaume est empêché pour  raisons familiales. Il prend contact avec Eddie, un guide et gendarme du coin qui accepte de nous encadrer au pied levé pour la journée du lendemain. D'autre part la météo annonce précipitations et vents forts pour la nuit et la matinée du samedi, nous obligeant à changer le programme. Eddie nous déconseille le Cambre d'Ase et nous propose de découvrir Porté-Puymorens entre Haute-Ariège et Andorre. Nous partons sur ce projet plutôt orienté ski de randonnée, man½uvres de sécurité en pente de neige.

"Au réveil le manteau neigeux s'est épaissi d'une bonne trentaine de centimètres, la neige continue de tomber, le vent est moins fort que prévu, nous serons moins brassés. Les routes sont déneigées lorsque nous partons mais les pneus neiges sont indispensables durant les 50 minutes pour nous rendre à Porté-Puymorens.

"Nous retrouvons Eddie sur le parking et après quelques échanges pour faire connaissance il nous expose le projet du jour : une montée à ski de rando (raquettes pour Maryline et Jean) vers le Pic de la Mine (2708m) ou chacune devra faire la trace et l'orientation à la carte et boussole. Exercice éprouvant dans cette neige fraîche mais déjà un peu lourde, les températures ne sont pas très basses, le vent est parfois fort, la neige tourbillonne. Les relais se succèdent ; nous prenons le temps d'attendre les deux valeureux maquettistes dans nos traces. Direction à la boussole, azimut, erreur volontaire ... le brouillard oblige à réviser les techniques d'orientation en faible visibilité.
Nous parvenons au sommet du Pic de la Mine skis aux pieds ce qui donne une idée de la neige tombée durant la nuit et la matinée, habituellement on parvient au sommet en crampons. En-cas sur le pouce, à l'abri du vent, le ciel s'est dégagé et l'on peut admirer les nombreux couloirs proposés sur les faces alentours : le terrain de jeux est vaste et tentant mais les conditions ne sont pas propice, il faut attendre quelques jours sans neige pour que les couches se tassent et entrent en cohésion.

"Peaux de phoque rangées, chaussures serrées, nous profitons des pentes pour tracer quelques courbes sur une belle couche de neige. La descente est plus éprouvante et moins ludique en raquette, Jean et Mary auront soulevé quelques paquets de neige.

"Nous nous arrêtons au bord d'une pente bien verticale pour des exercices d'arrêt de chute dans la pente et de sécurisation sur corps-mort. Exercice dynamique à pieds ou à ski qui permettent de se rendre compte de la vigilance et des bons réflexes nécessaires lors de nos pratiques en montagne. Les corps mort se font sur piolet, skis, sac rempli de neige. Eddie nous sensibilise aux bons gestes et aux précautions à mettre en ½uvre, suite à une erreur de manip nous nous retrouverons à 5 en pleine pente après avoir fait sauter un corps-mort constitué d'une paire de ski, bonne leçon à ne pas reproduire.

"Nous redescendons en toute fin d'après-midi, les pisteurs ferment les pistes que nous empruntons afin d'accompagner Mary et Jean en raquettes. Nous tenterons d'abord de les mettre sur nos ski pour les descendre plus vite, puis sur notre dos et enfin une bâche se transforme en luge que nous tirons et dirigeons comme des chiens de traîneau.

"Un pot en bas de la station pour faire le bilan de la journée et remercier notre guide Eddie pour ses échanges et ses conseils. Malheureusement la paire de ski de Corinne est volée à ce moment et vient gâcher une journée bien remplie.

"Repas pris au gîte, personne ne fait de vieux os, la météo annonce des précipitations et du vent pour demain, il nous faudra être en forme. Au réveil, les précipitations ne sont pas là et le temps est dégagé. Sur les conseils d'Eddie nous avons prévu de partir en ski de randonnée depuis  Formiguères vers le refuge de Camporell.

"Jean et Mary louent des skis de randonnée pour nous accompagner. Les pisteurs nous indiquent un parcours ski de rando au départ de la station en renouvelant les conseils de prudence suite aux chutes de neige. Nous partons sur le parcours qui s'avère suivre la piste de ski. Nous choisissons de tracer en forêt en visant le haut du télésiège de Calmasella. La neige se met à tomber abondamment et le vent se fait de plus en plus violent. La trace à travers la forêt nous préserve un peu de l'intempérie et nous entraîne à suivre les courbes de niveau et aux conversions ascendantes. Mary, éprouvée par sa journée raquette de la veille et l'humidité du jour, choisi de redescendre par les pistes. Nous poursuivons encore un peu mais les conditions sont très mauvaises et ne nous permettent pas de réaliser l'exercice de recherche de victimes d'avalanche prévu.

"Nous profitons du poste de secours en haut de la station pour nous préparer à la descente. Jean est pris en charge par Nathalie pour ses premiers virages à ski. Excellente pédagogue, on reconnaît la prof de gym... Jean se donne à fond et fait très vite des progrès. Nous sommes sur une piste rouge, Jean me suit pour reproduire les virages et les dérapages pendant qu'Agnès, Sophie et Nathalie se font plaisir dans une descente en neige profonde dans les bois.

"De retour à la station nous retrouvons Mary et Corinne pour déjeuner en milieu d'après-midi.
Malgré un programme modifié, des conditions parfois difficiles et les contrariétés pour Guillaume et Corinne, ces deux jours auront permis d'intégrer Sophie et Corinne à l'équipe, de remarquer le bon niveau à ski de randonnée de chacune et de s'exercer dans les pentes de neige."