Limitons les nuisances du transport routier

Conformément aux préconisations de la charte montagne, la FFCAM s'engage pour « des moyens de communication raisonnés», notamment « pour la limitation stricte de la construction d'infrastructures routières et autoroutières en zone de montagne : la priorité sera donné au transport sur rail et à l'aménagement des routes existantes ».

Découvrez la Charte Montagne de notre fédération.

Si l'accessibilité est une condition du développement régional, la multiplication des infrastructures et du trafic porte atteinte à l'environnement, au paysage et à la qualité de vie locale. Le drame du tunnel du Mont-Blanc le 25 mars 1999 a démontré à quel point le problème du transport routier était crucial au sein de nos massifs montagneux tant en termes de sécurité que d'atteintes à un environnement particulièrement fragile. La FFCAM s'en est donc préoccupé en liaison avec d'autres associations.

 

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Un impact croissant des transports routiers longue distance de marchandises

L'obstacle aux transports que représentait la montagne a été levé partiellement par le creusement de tunnels ferroviaires dès la fin du 19è siècle. L'augmentation des échanges, la déroute du fret ferroviaire, le faible coût du transport routier ont généré un flot continu à travers l'Europe, les poids lourds s'engouffrant dans les  nouveaux tunnels routiers créés à la fin du 20è siècle  (Mont Blanc, Fréjus, Puymaurens, Somport).

La circulation de poids lourds facilitée et multipliée par les réalisations et les projets de liaisons routières transmassifs constitue une menace pour les hautes vallées, les zones inaccessibles étant de plus en plus restreintes.

De multiples nuisances engendrées

Qu'il concerne les passagers ou le fret, le trafic routier a un impact sur la santé des habitants (pollution de l'air et bruit), il nécessite des infrastructures croissantes qui empiètent sur les zones naturelles. La France possède cependant un réseau ferroviaire bien étoffé, atout non négligeable qui faciliterait la mise en place du dispositif du ferroutage.

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Des engagements internationaux

Ces préoccupations ont rebondi avec la signature de la Convention alpine entre pays de l'arc alpin, et la ratification par la France en 2005 de son protocole Transports qui contient des engagements contraignants en la matière. Le Club Arc Alpin formé des différents clubs alpins des pays de l'arc alpin,  admis comme observateur  de la bonne application de la Convention alpine, a délégué à la FFCAM le soin de le représenter au groupe de travail Transport  présidé par la France. Un membre de la CNPM est donc particulièrement délégué à cette fonction.

Le but poursuivi est de donner la priorité au transfert modal (transport sur rail)  pour la longue distance, favoriser les transports collectifs, maintenir et développer les voies ferrées existantes, limiter la construction d'infrastructures routières et autoroutières en zone de montagne et privilégier l'aménagement des routes existantes.

Des actions concertées inter associatives

La plupart des actions s'insèrent dans un cadre inter associatif, où des initiatives sont prises : actions sur le terrain, réunions de sensibilisation et de concertation avec la population et les pouvoirs publics, prises de positions en vue d'engager la réflexion.

C'est à ce titre qu'un ouvrage interassociatif : le Livre Blanc « Transports Internationaux en montagne, sortir de l'impasse » a été rédigé en 1997 avec une forte participation de la FFCAM (disponible au siège de la fédération).

D'autres actions visent à  promouvoir la mobilité douce (par exemple « changer d'approche » avec Mountain Wilderness),  à dénoncer dans des collectifs associatifs (avec Cipra   et FNE notamment)  le non respect des traités internationaux : percement d'une deuxième galerie dans les tunnels du Fréjus et de Tende, non application du principe pollueur payeur etc. et enfin à diffuser des solutions possibles comme la création d'une bourse du transit alpin  lancée par les Suisses.