Démarrage de saison : « Imaginez un déménagement »

Publié le 15 juin 2026

Vallée après vallée, les gardiens se réinstallent dans leur refuge pour la saison d'été. Vivres et matériel nécessaires à l'exploitation estivale sont acheminés à ce moment-là, généralement en héliportage. Pour les refuges du Valgaudemar, cette opération millimétrée s'est déroulée début juin.

Il est cinq heures, le Valgaudemar s'éveille... © FFCAM Il est cinq heures, le Valgaudemar s'éveille... © FFCAM

Il est cinq heures du matin dans la vallée du Valgaudemar, les sommets scintillent encore sous la lune. Des camions frigorifiques arrivent sur le parking du chalet-hôtel du Gioberney, qui fourmille à présent comme une place de marché. « C'est le grand départ », élucide Olivier Parent, le gardien du refuge du Pigeonnier. « Nous remontons dans les refuges avec nos équipes pour reprendre le gardiennage estival. » Au cœur de cette remise en route, l'acheminement des vivres et du matériel en héliportage. Afin de partager le coût de la mise à disposition de l'appareil, les gardiens et gestionnaires de refuges se coordonnent sur la date. Dans le Valgaudemar, six refuges retrouvent donc leurs équipes de gardiennage ce jeudi-là.
« Ce ravitaillement est le plus important de la saison. Il ne faut pas se louper sur les commandes, ne rien oublier, faire en sorte de tout recevoir à temps. S'il manque un produit et que le fournisseur revient trois jours après, c'est trop tard. » Frontale vissée sur la tête et fiche à la main, il vérifie le contenu de chaque bag, complète éventuellement avec les dernières livraisons de frais, tout juste débarquées. « Imaginez un déménagement : tout est soigneusement rangé et emballé pour le transport. » Tout a aussi été pesé et calibré au préalable pour que les charges ne dépassent pas un certain poids, qui correspond à ce que l'hélicoptère peut porter en fonction de l'altitude du refuge à desservir. Ici entre 700 et 800 kg. « L'erreur n'est pas permise, si la charge est trop lourde, elle peut rester au sol, il faut refaire les bags… cela désorganise toute l'opération. »

 

Les bénévoles du Club alpin de Gap présents pour cet héliportage de début de saison © FFCAM

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Dépose d'une charge pour le refuge de Chabournéou © FFCAM

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Les bénévoles du Club alpin de Gap finalisent un dernier chargement, des élèments de bardage pour le refuge de Chalance © FFCAM Les bénévoles du Club alpin de Gap finalisent un dernier chargement, des élèments de bardage pour le refuge de Chalance © FFCAM

Les bénévoles du Club alpin de Gap, gestionnaire de huit refuges dans les Écrins, dont ceux de Chabournéou, Vallonpierre et Pigeonnier, sont les chevilles ouvrières de cette mécanique. Présents la veille pour aider à préparer les chargements, ils assurent aussi la mise en route technique du refuge : « Nous veillons à ce que le refuge soit correctement équipé et que tout fonctionne. Lors de cet héliportage, on fait acheminer du matériel et si besoin des équipes d'entretien montent », relate Pierre Pellissier, vice-président Refuges du Club alpin de Gap. Ainsi parmi les paquets, des bancs pour Vallonpierre, de la literie et de nouvelles fenêtres pour Chabournéou. « C'est aussi lors de cet héliportage que nous montons le bois de chauffage pour l'hiver prochain, nous n'avons plus l'occasion de le faire avant la mise en hivernage », complète Jean-Louis Monté, également bénévole refuge.
Il est 7 heures, un bourdonnement résonne entre les montagnes. Tout le monde se met en place pour le ballet des hélicoptères. Les gardiens et leurs équipes sont les premiers convoyés. Ce sont eux qui réceptionneront les marchandises aux abords des refuges. Les charges sont ensuite héliportées selon un ordre précis et en alternance entre les refuges, pour laisser le temps aux équipes de dégager leur plateforme de réception entre deux déposes. « Chaque bag porte un numéro pour déterminer son ordre de montée : d'abord les denrées fraîches, qu'il faut ranger au plus vite pour ne pas casser la chaîne du froid, puis l'épicerie », informe Guillaume Bailly, gardien du refuge de Vallonpierre. Les fournisseurs sont repartis, le parking du Gioberney retrouve le calme plus habituel d'un début de mois de juin. Là-haut au contraire, on s'affaire pour accueillir les premiers usagers des refuges gardés. 

Photos ci-dessous de Nicolas Gamby